Pendant les 13 années de guerre civile en Syrie, le régime de Bachar al-Assad a emprisonné des femmes pour leurs liens réels ou supposés avec l’opposition "terroriste". Nombre d'entre elles ont été victimes de viols, de violences sexuelles et de torture. Témoignages. Cet article est le premier volet d'une série de trois reportages (1/3).
Viols, violences sexuelles, torture. Elles ont tout enduré dans les geôles du pouvoir. Trois Syriennes ont accepté de raconter leur calvaire. Le sujet étant extrêmement tabou et susceptible de mettre en danger la vie de ces femmes, deux d’entre elles ont témoigné de manière anonyme. Les prénoms de Yasmine et Houda ont été changés et certains détails éludés afin de préserver leur sécurité.
Attention, certaines scènes décrites par les victimes sont susceptibles de heurter la sensibilité des lecteurs.
Aïda a 43 ans. Issue d’une famille d’officiers prorégime, elle a été interpellée le 27 janvier 2016 pour avoir soigné et apporté de l’aide à la population assiégée de la Ghouta orientale, banlieue située à l’est de Damas. Condamnée à 15 ans de prison, elle a été libérée au bout d’un an à la faveur d’un échange de prisonniers entre le pouvoir et le groupe rebelle Jaych al-Islam ("l’armée de l’islam"). Elle vit aujourd’hui en Turquie.
"J’ai été accusée de participation aux manifestations contre le régime, de terrorisme mais aussi de 'jihad du sexe' [concept controversé selon lequel des musulmanes s’offriraient aux combattants au nom de la guerre sainte, NDRL], comme la plupart des détenues. J’ai été condamnée à 15 ans de prison et envoyée à Adra [près de Damas] où je suis restée neuf mois. Un matin, j’ai été emmenée avec deux autres détenues à la "branche Palestine" [prison officiellement appelée "branche 235", NDLR] et j’ai été mise à l’isolement.
La torture a commencé quand mon nom est apparu dans une liste d’échange de prisonniers entre l’armée et Jaych al-Islam. La première fois que j’ai été torturée, trois hommes étaient accrochés au mur. Nous étions deux femmes. Ils ont demandé à une autre prisonnière de me déshabiller pour me fouiller. Y compris mes parties intimes. C’était inhumain. Je suis restée en sous-vêtements tout le temps de la détention.
Tous les jours, la personne chargée de l’interrogatoire et la détenue 'collabo' choisissaient, parmi les nouvelles qui arrivaient, une détenue à offrir à l’officier. Il changeait de jouet tous les deux ou trois jours, sinon il s’ennuyait.
Malheureusement, au bout de trois jours, c’est moi qu’ils ont choisie. Le premier viol était le pire. Cette nuit-là, il faisait froid. Je me souviens de chaque seconde. Ça a duré environ quatre heures. Je le sais parce que, normalement, l’officier commence à 1 h du matin, et ensuite, j’ai entendu l’appel à la prière. On m’a bandé les yeux et on m'a emmenée dans son bureau. J’entendais le mot "Sidi" ["Monsieur", NDLR] et de l’agitation. Il m’a dit qu’il s’appelait Hassan, qu’il venait de Damas. 'Comme ça, demain quand tu sortiras, tu pourras dire que Hassan t’a violée.'
Je sentais l’odeur de l’arak. Il était complètement ivre. Il en a même renversé sur moi. Il articulait difficilement, il avait la bouche pâteuse. Je n’ai rien vu. Tout ce que j’ai senti, ce sont les attaches dures sur mes poignets. Je savais que c’était un lit militaire à cause du métal. Là, j’ai été agressée. J’essayais de me convaincre que je n’étais pas là. Quand il a fini, je suis retournée dans ma cellule en sous-vêtements. Sans me laver. C’était impossible à 'Palestine'. Je suis restée 18 jours comme ça.
Lui m’a violée à trois reprises dans son bureau. Les autres, je ne sais pas qui ils étaient. Ça se passait dans la salle d’interrogatoire. C’était là qu’ils torturaient les détenus, hommes et femmes. Ils étaient quatre ou cinq à chaque fois. Ils me violaient avec les doigts, les mains… avec tout. La douleur était insupportable. J’avais les yeux bandés mais j’entendais leurs voix. Il y avait des hommes suspendus au mur [une torture appelée 'shabeh' : les prisonniers sont suspendus par les poignets, NDLR]. Plus les détenus les suppliaient d’arrêter, plus ils m’agressaient. Quand ils m’agressaient avec des objets tranchants sur mes parties intimes, c’était une manière de torturer un des hommes suspendus au mur. Il hurlait plus que moi alors que c’était moi qui étais torturée. Ils faisaient ça pour lui faire peur. Une fois, ils m’ont enfoncé une barre de fer dans le vagin. Je disais à Dieu que je ne voulais plus sortir. Je voulais juste mourir.
J’ai été violée à 13 reprises. Je les ai comptées comme j’ai compté le nombre de marches de la 'branche Palestine'. Je ne pourrai jamais oublier les hommes nus, torturés ou violés sous mes yeux. Voir les autres se faire violer était une manière de nous torturer. C’était plus dur que mon propre viol.
J’ai vu un militaire de Deir Ezzor se faire couper les deux bras à la scie électrique parce qu’il avait fait défection. L’officier le regardait en buvant son maté et en écoutant "Ti rach rach", la chanson que je déteste le plus au monde aujourd’hui. J’ai passé 18 jours dans cette prison et je l’ai entendue tous les jours. Il prenait du plaisir en voyant une détenue être brûlée avec du plastique ou du silicone. Il n’avait aucun sentiment.
Après ma libération, j’ai décidé de fuir en Turquie avec mes enfants. Une fois à Gaziantep [ville du sud de la Turquie, proche de la frontière avec la Syrie, NDLR], je me suis rendu compte que j’étais enceinte de cinq mois. Je suis sortie de prison avec des cicatrices mais celle-là [l’enfant], je ne pouvais pas la garder. Cette grossesse devait se terminer. J’aurais été incapable de dire à cet enfant qu’il était le fruit d’un viol. J’ai essayé d’avoir une fatwa [décision juridique en droit musulman, NDLR] mais le mufti m’a dit que c’était 'haram' ["interdit", NDLR]. J’ai essayé d’avoir une pilule abortive mais ce n’était pas possible. Puis, en cherchant sur YouTube, j’ai appris que le chlore pourrait aider. J’ai mélangé du Pepsi avec du chlore. Et il est parti.
Je peux oublier le viol et la grossesse mais je ne pourrai jamais oublier l’avortement. Pour moi, c’est comme si j’avais tué quelqu’un. Je suis incapable de faire du mal à un insecte. C’est la chose la plus difficile.
Si je m’endors sans être assommée par les somnifères, je me réveille brusquement en croyant que je suis encore dans la 'branche Palestine'. J’ai perdu une partie de moi en prison. Mon corps est sorti mais mon âme y est restée. Je peux oublier mon viol mais pas celui des hommes qui a eu lieu sous mes yeux.
Heureusement que je ne connais pas son visage [l’officier qui l’a violée en premier, NDLR]. Je peux lui pardonner si cela permet de reconstruire la Syrie et que mes enfants peuvent vivre en sécurité. Mais pas la détenue qui m’a choisie pour l’amuser. Jamais. C’est le truc le plus dégueulasse au monde.
Je ne veux pas témoigner de manière anonyme et que les gens doutent de ce que je dis. Ce qui est important, c’est que la personne qui verra ce reportage sache ce qui s’est passé dans les prisons d’Assad et pourquoi les gens ont décidé de faire la révolution contre ce régime. Je fais ça pour porter la voix des femmes qui sont mortes, celles dont le corps a disparu."
Yasmine a 32 ans. Interpellée en 2015, elle a été accusée d’être liée aux "terroristes" et de faire le "jihad du sexe". Elle a passé environ quatre mois en prison. Elle vit en Syrie.
"Le supplice a commencé dès mon arrivée. J’avais les yeux bandés. Il n’y avait pas vraiment d’interrogatoire. Ils faisaient juste semblant. Ils posaient une ou deux questions, puis ils proféraient des insultes et torturaient. J’étais au sous-sol. L’officier a commencé à me dire : 'Tu es belle, j’aime ton corps, tes fesses.' Il m’a emmenée dans son bureau, et là, il m’a montré des ceintures d’homme. Il m’a dit : 'Tu vois ça ? Tous ces hommes sont morts. Et toi, tu vas mourir aujourd’hui à 4 h." Je l’ai cru. Je lui ai juste demandé de prévenir mes parents que j’étais morte dans cette prison.
L’interrogatoire a ensuite commencé. Il a posé des questions sur ma famille, sur mes études. Quand j’ai prononcé le mot 'révolution', il est devenu fou de rage. Il m’a dit que c’était une 'crise'. Il m'a frappée. Partout, partout. Il m'a traitée de 'pute', de tous les noms. Je ne sais pas combien de temps ça a duré. Ensuite, on m’a mise en cellule d’isolement. Sans me donner à manger. Le soir, j’ai de nouveau été interrogée.
Le violeur s’appelait Nader. Il n’était pas officier. C’était une vraie ordure. Il est venu me chercher et m’a emmenée dans un bureau. Il était seul. J’avais tellement peur que mes jambes tremblaient. Je n’arrivais pas à les arrêter. Il a pris un verre d’eau, il a versé un truc et c’est devenu blanc comme du lait [de l’arak, NDLR]. Il m’a dit : "Bois." Je lui ai dit que ce n’était pas bon mais il insistait pour que je continue. J’ai commencé à vomir. Vomir, vomir. Il m’embrassait. Il puait. Je n’avais plus de force et surtout pas l'habitude de boire. Il m’a collée contre le mur puis au sol. Au début, je ne comprenais pas ce qui se passait. J’étais toute jeune. J’avais à peine 22 ans. J’étais vierge. Et là, il m’a violée. De nombreuses fois. D’abord par derrière. Puis par devant. La douleur était insupportable. Inimaginable. J’ai beaucoup saigné mais on ne m’a rien donné après. Je n’ai même pas pu me laver car il n’y avait pas de salle de bain. Je suis restée comme ça 25 jours, jusqu'à la prison suivante. J’ai été violée environ 15 fois.
J’ai ensuite été transférée à Kafr-Sousah [dans une autre prison officiellement appelée 'branche 215' et surnommée 'branche de la mort', NDLR], où je suis restée environ trois mois. Dès notre arrivée, ils nous ont déshabillées de force. J’étais complètement nue. Les soldats nous regardaient et riaient. Ils nous ont laissées comme ça, puis ils nous ont donné nos sous-vêtements et nous ont envoyées en cellule. Nous étions 40 femmes à l’intérieur. J’étais la plus jeune.
Nous dormions à tour de rôle : 20 restaient debout et les 20 autres dormaient sur le flanc. Les unes contre les autres. Le jour et la nuit. Parfois, les nouvelles étaient obligées de rester dans les toilettes en attendant leur tour pour dormir. En face de notre cellule, les détenues étaient mineures. Elles avaient entre 13 et 15 ans. On les voyait quand les portes étaient ouvertes pour nous donner à manger.
Dans la 'branche 215', on nous donnait des comprimés tous les jours vers midi. Je pensais que c’était pour la tête. Je ne savais pas ce que c’était jusqu’à ce que les femmes mariées m’expliquent que c’était une pilule contraceptive. Je n’ai pas eu mes règles dans cette prison ni pendant plusieurs mois après ma libération.
Cinq jours après mon arrivée, j’ai été violée à nouveau. C’était après un interrogatoire. Celui qui m'interrogeait – toujours le même car je reconnaissais sa voix – ne me posait jamais de questions sauf quand le directeur de la prison était là. Sinon, il me parlait des sous-vêtements que j'aimais porter. Il me demandait la taille, la couleur... J’ai été interrogée trois ou quatre fois au total. Ensuite, j'étais violée par les geôliers. Ça se passait dans la salle des archives. Il y avait un bureau et des armoires en métal. J’avais les mains attachées mais pas les yeux bandés. On me mettait les mains sur le bureau et un bout d’éponge dans la bouche. Un soldat me violait et deux autres se mettaient à la porte pour regarder. Quand le premier avait fini, un autre prenait le relais. Et ainsi de suite.
J’ai été violée beaucoup de fois. J’ai arrêté de compter. C’était toujours dans la même salle. Je ne sentais plus rien. Je ne voulais plus sortir, je priais pour mourir. Je voulais que ça se termine. J’avais juste peur de ce que mes parents allaient penser de moi. J'ai même pensé à me suicider.
La torture, c’était tous les jours ou tous les deux jours. Les jours sans [torture, NDLR], le directeur de la prison nous mettait dans le couloir en pleine nuit et nous faisait battre. Les détenues étaient interrogées dans le couloir, les yeux bandés. Nous étions ensuite emmenées dans la salle de torture. Notre vue n’était plus entravée. Il y avait des hommes suspendus au mur. L’un d’entre eux n’avait plus de chair sur le dos. On voyait sa colonne vertébrale. Certains étaient morts, d’autres avaient perdu connaissance. Il y avait du sang partout sur le sol. Des scènes horribles. Je ne pourrai jamais les oublier. Ni les cris. Mon Dieu, mais pourquoi tout ça ? Je ne suis pas sûre qu’il y ait une punition pour les criminels sur Terre à la hauteur de tout ce que l’on a subi.
Dieu soit loué, aujourd’hui, je suis mariée. Notre relation est un peu étrange. C’est un bon mari. Il est gentil. Mais je n’aime pas quand il s’approche de moi. L’odeur de Nader ne me quitte pas un seul jour. Elle ne part pas. Je le sens partout. C’est à l’intérieur de moi. Parfois, j’ai l’impression qu’il est là pour de vrai.
Aujourd’hui, je souffre du regard de la société. Le viol était moins dur que ce que j’ai entendu à l’extérieur, surtout quand ça venait de personnes qui me connaissaient. Des personnes chères à mon cœur. Si je témoigne, c’est pour dénoncer l’injustice que nous vivons. Des gens nous disent : 'Vous êtes des anciennes détenues, et alors ? Les hommes ont vécu aussi beaucoup de choses.' Mais c’est différent. Nous, on nous a brisées. On est mortes à l’intérieur. Ceux qui ont commis ces horreurs vivent leurs vies. Ils nous ont tout pris. Nous, on est devenues des pestiférées. On n’a pas demandé à être emprisonnées ou violées. La majorité des femmes libérées se sont retrouvées sans mari. Certaines sont ressorties enceintes. Ce que l’on a vécu est injuste. Bachar nous a volé nos vies."
Houda a 28 ans. Issue d’une famille prorévolution, son mari était prorégime. En 2015, elle est arrêtée et accusée de 'jihad du sexe', comme la plupart des femmes arrêtées par le gouvernement. Elle passe alors près de quatre mois dans la "branche Palestine", près de Damas. Elle vit en Syrie.
"J’ai tout subi dans la 'branche Palestine'. La première chose, c’étaient les coups. Je me tenais debout, je ne savais pas d’où ils venaient. J’en ai reçu un dans le dos et je suis tombée dans les escaliers. Ensuite, on m’a dit de m’asseoir et de me taire. Ça a duré une heure. On m’a emmenée dans une pièce avec les yeux bandés. Cette pièce était loin des cellules. Mes mains n’étaient pas attachées. Je ne savais pas où j’étais. Je sanglotais parce que je n’avais pas le droit de faire du bruit. J’étais allongée sur un lit militaire. J’entends encore le bruit du métal.
Je pense qu’ils étaient trois. Je ne sais pas s’ils étaient officiers ou geôliers. Une personne entrait, une autre sortait. J’entendais seulement leurs pas. Leurs voix sont restées dans ma tête. Ils disaient que mon corps était 'encore propre'. Je n’oublierai jamais ce mot, 'propre'. Ils me disaient : "Tu es belle. Tu es jeune. Tu es vraiment mariée ?" Moi, je voulais mourir.
Là, j’ai vécu la pire chose de toute ma vie : le viol. Un viol brutal, brutal, brutal. Par derrière et par devant. À chaque fois que j'essayais de résister, l’agression était plus violente. La douleur était tellement insupportable que je me suis évanouie. J’aurais préféré être torturée, frappée, suspendue au mur. Tout mais pas ça. La torture est plus facile que le viol. Quand ça s’est terminé, je ne pouvais pas tenir debout. J’ai pensé que j’étais morte. Morte, morte.
Après le viol, j’ai été mise à l'isolement. Je me suis effondrée. J’ai pleuré, crié. Je ne pouvais même pas marcher. Je n’ai pas pu manger pendant deux jours. J’avais envie d’aller aux toilettes mais je n’y arrivais pas. Je ne sais pas combien de jours je suis restée comme ça.
Il y a eu plusieurs interrogatoires. On m’a torturée, menacée de viol. Ils disaient qu’ils iraient chercher ma mère ou ma sœur si je ne parlais pas. Parmi les accusations, il y avait le 'jihad du sexe'. Je ne savais même pas ce que c’était. Mais sous la torture, j’ai dit que j’avais tout fait. Je leur ai dit : 'Donnez-moi les papiers, je signe tout, mais laissez-moi partir.'
À chaque fois qu’on venait me chercher, j’étais morte de peur. Je craignais qu’on me viole à nouveau, qu’on me transfère dans une autre prison et que ça recommence. Au moins, à 'Palestine', je savais comment j’allais être torturée.
Lorsque je suis sortie de prison, j’étais comme un zombie. Comment pouvais-je reprendre ma vie ? J’étais quelqu’un d’autre. Les gens me demandaient si on m’avait touchée. Moi, je voulais juste qu’on me laisse tranquille.
Le viol est quelque chose de tabou en Syrie. Les gens ne comprenaient rien à tout ça. Ils ne savaient pas comment se comporter avec moi. Certains disaient que j’étais folle. Le regard de la société était dur.
Je remercie Dieu de ne pas être tombée enceinte. Beaucoup de femmes ont eu des enfants du viol. Aujourd’hui, je souffre d’incontinence urinaire et d’une descente d’organes. Les médecins ne peuvent rien faire pour moi. Quand on me parle du viol, je tombe malade au moins une semaine. Je souffre parce que je me souviens. Il y a des gens qui disent qu’avec le temps, ça passe. Mais les années passent et tu n’oublies pas. Nous, on vit avec, on s’adapte. Je n’ai même pas 30 ans. Les gens de mon âge sortent, bougent. Moi, je peux à peine faire ce que je dois faire. Je dois être plus forte que ça.
Si je parle aujourd’hui, c’est pour que cela ne se reproduise pas. C’est pour protéger nos enfants, nos petits-enfants. Nous, les détenues, on a payé le prix fort. On a fait la révolution pour notre dignité. Désormais, la Syrie est libérée. On doit être une priorité de l’État. On veut être indemnisées pour se reconstruire. On mérite une nouvelle vie.
Il faut poursuivre les criminels. Je ne veux pas qu’on les exécute. Je veux qu’ils soient torturés et qu’ils souffrent autant que j’ai souffert. Pas de la même manière. Je ne veux pas qu’on les viole mais qu’on les torture au point qu’ils souhaitent mourir. Qu’on les mette à Sednaya [une prison située au nord de Damas, NDLR] ou dans la 'branche Palestine'. Je veux qu’on les condamne à la prison à vie."